Gérard Marais

Guitariste – Compositeur – Chef d’Orchestre

Gérard Marais étudie la guitare classique avec Martial Faraill et travaille l’Harmonie et la Composition avec Suzanne Roussel.C’est pendant des études de Lettres Modernes à la Sorbonne qu’il rencontre les musiciens du Dharma Quintet, groupe qu’il intègre dès 1971. Remarqué par Michel Portal, il participe à l’enregistrement de «Splendid Yzlement».

Dans les années 80 se succèdent duos de musique improvisée (Raymond Boni, Joseph Dejean) petites formations (trio Levallet/Marais/Pifarely, trio de Stu Martin) et projets écrits comme le «BIG BAND DE GUITARES» dans lequel il rassemble les meilleurs guitaristes de sa génération tout styles confondus.

Il compose les premiers OPERA-JAZZ (La Baraque Rouge, Mister Cendron, Sextet). Dans les années 90, il crée plusieurs formations «thématiques»: le sextet Katchinas, le Quartet Opéra sur une relecture instrumentale de la musique composée pour l’Opéra «Mister Cendron», les cordes de «Natural Reserve», le trio avec Aldo Romano et Emmanuel Bex, le duo avec Renaud Garcia-Fons.

Enfin ces dernières années, il s’est intéressé, souvent en compagnie de Michel Godard à la musique baroque. Il participe également à la grande aventure des Zhivaros, collectif de musiciens leaders, compositeurs, qui s’emploieront à décloisonner la scène musicale parisienne et ce pendant une décade, aux cotés de Didier Levallet, Henri Texier, Claude Barthélémy, Jacques Mahieux, Sylvain Kassap. Gérard Marais a concilié ses activités artistiques avec l’enseignement, au CIM de 79 à 83, puis il fonde le département jazz au Conservatoire de Bagnolet et de 1988 à 2010 il enseigne au Conservatoire National de Région de Lille.

Gérard Marais

Guitariste – Compositeur – Chef d’Orchestre

Gérard Marais étudie la guitare classique avec Martial Faraill et travaille l’Harmonie et la Composition avec Suzanne Roussel.C’est pendant des études de Lettres Modernes à la Sorbonne qu’il rencontre les musiciens du Dharma Quintet, groupe qu’il intègre dès 1971. Remarqué par Michel Portal, il participe à l’enregistrement de «Splendid Yzlement».

Dans les années 80 se succèdent duos de musique improvisée (Raymond Boni, Joseph Dejean) petites formations (trio Levallet/Marais/Pifarely, trio de Stu Martin) et projets écrits comme le «BIG BAND DE GUITARES» dans lequel il rassemble les meilleurs guitaristes de sa génération tout styles confondus.

Il compose les premiers OPERA-JAZZ (La Baraque Rouge, Mister Cendron, Sextet). Dans les années 90, il crée plusieurs formations «thématiques»: le sextet Katchinas, le Quartet Opéra sur une relecture instrumentale de la musique composée pour l’Opéra «Mister Cendron», les cordes de «Natural Reserve», le trio avec Aldo Romano et Emmanuel Bex, le duo avec Renaud Garcia-Fons.

Enfin ces dernières années, il s’est intéressé, souvent en compagnie de Michel Godard à la musique baroque. Il participe également à la grande aventure des Zhivaros, collectif de musiciens leaders, compositeurs, qui s’emploieront à décloisonner la scène musicale parisienne et ce pendant une décade, aux cotés de Didier Levallet, Henri Texier, Claude Barthélémy, Jacques Mahieux, Sylvain Kassap. Gérard Marais a concilié ses activités artistiques avec l’enseignement, au CIM de 79 à 83, puis il fonde le département jazz au Conservatoire de Bagnolet et de 1988 à 2010 il enseigne au Conservatoire National de Région de Lille.

Discographie

Presse

Jazz in Time

1994 – Est
Après le sextet avec les cuivres de Katchinas et le trio très classique de Poisson Nageur, Gérard Marais nous revient avec une série de cinq duos et de dix trios en compagnie de quelques-uns des musiciens qui ont jalonné son parcours musical. Les duos avec Youval Micenmacher sont l’occasion pour Marais d’explorer, sur les climats colorés créés par les percussions, toutes les potentialités de la guitare-synthé avec sonorités proches, tantôt des steel-drums (Etrusque), des rifs de cuivres (News From Jerico) ou des nappes de synthétiseur (Samourai). Sur Hôtel Alep en duo avec Dominique Pifarely, il passe à la guitare acoustique pour un thème aux accents folk, tandis qu’avec Louis Sclavis aux clarinette et clarinette-basse, il crée sur Zarb, partie 1, une atmosphère orientale. Par contre, Der Klein Hase joué en trio avec Sclavis et Pifarely, est très proche des climats recueillis de la musique de chambre. Dans les trios avec Renaud Garcia-Fons et Youval Micenmacher (plages 4, 5, 14), la guitare électrique du leader dialogue avec l’archet de l’ex-bassiste de l’O.N.J et de l’Orchestre de Contrebasses, tandis que, dans les trios avec Claude Tchamitchian, un contrebassiste révélé par André Jaume et avec Jacques Mahieux, le vieux complice du collectif Zhivaro, Marais fait alterner ballades mélodiques (plages 8, 10,11) et tempos rapides proches du répertoires de Katchinas avec guitare-synthé tonitruante (plages 2, 6, 15). En totale complicité avec ses partenaires, Gérard Marais nous propose un très bel album axé essentiellement sur la guitare et ses couleurs chatoyantes : un travail d’orfèvre ».

Claude Loxhay

Liberation

2002 – Natural Reserve
« Guitariste de type investigateur éclectique, Gérard Marais n’a cessé d’animer la scène du jazz français depuis son apparition sur celle-ci, à l’aube des années 70. D’abord en tant que membre du Dharma, groupuscule pionnier du free jazz hexagonal, ensuite comme sideman ponctuel de Michel Portal, notamment au moment de l’enregistrement de l’album Splendid Yzlement. Concepteur de duos insolites (avec ses pairs gratteurs Joseph Dejean ou Raymond Boni), accompagnateur de Colette Magny, fondateur d’un big band de guitares avec huit virtuoses du manche, compositeur de l’opéra jazz la Baraque Rouge et de la BO du film de Robert Kramer le Grand Jour, Gérard Marais, né à Enghien les Bains en 1945, prône par -dessus tout le mélange des genres, jusqu’à la juxtaposition, voire l’enchevêtrement. Sans pour autant éviter les contraintes thématiques. Ainsi, ce Natural Reserve, conçu en sextette, repose-t-il sur une instrumentation essentiellement constituée de cordes (seul le percussionniste Jacques Mahieux bénéficiant d’une dérogation), avec, en tête de délégation, le bassiste Steve Swallow, dont l’entente exemplaire avec son employeur du moment débouche sur la confection d’un disque passablement vivifiant. »

Serge Loupien

2001 – La Belle Vie
« Il en est des disques de jazz comme du reste de la production phonographique généraliste. Certains, deux ans à peine après leur commercialisation, paraissent déjà totalement caducs, risibles même.
D’autres au contraire, peu évidents, voire inaccessibles, à première écoute, se bonifient et finissent par séduire avec le temps. « La Belle vie », duo rassemblant les forces novatrices de deux guitaristes majeurs de la scène jazzistique française dite « avant-gardiste » (entre soixante quinze et quatre vingt cinq, pour schématiser) ne rentre lui dans aucune de ces deux catégories. Enfin publié vingt ans après avoir été enregistré (au festival de Lauzerte), il demeure en effet une merveille de fraîcheur, exactement comme s’il venait tout juste d’avoir été réalisé. Peut être parce qu’il est tout simplement dédié « à Chaplin, à l’enfance et au printemps », trois dédicataires communément connus pour ne pas engendrer le rancissement ni la mélancolie. Peut-être aussi parce qu’il permet de relativiser l’apport créatif de guitaristes actuellement en vogues auprès des instances festivalières, tels Russell Malone, par exemple, Ronny Jordan ou encore Peter Jordan ou encore Peter Bernstein. Tous gens fort estimables, certes, humainement sympathiques et techniquement irréprochables, mais qui se contentent la plus part du temps d’aligner de vieux clichés pas tout à fait défroissés. Un peu comme un Goncourt qui serait rédigé en vieux français. Gérard Marais et Raymond Boni, eux improvisateurs nés que Thurston Moore, le leader discophile de Sonic Youth, tient en haute estime, jouent de leurs instruments de manière ludique, sans se soucier des tendances en vogue ni des éventuels impératifs commerciaux qu’un tiers pourrait leur dicter. Guère portés non plus sur cet esprit compétiteur cher aux inconditionnels des jam sessions d’antan, ils s’attachent à privilégier sans cesse cette complicité qui les unit en dépit de la diversité de leur backgrounds, plus contemporain chez le Parisien, plus flamenquiste chez le Toulonnais. Avec, comme unique repère commun, l’héritage revendiqué d’un gitan, Django Reinhardt. Dont ils ont su transposer, l’une des vertus essentielles: la prodigalité. ».

Serge Loupien

1996 – Free Songs
« On connaît le goût du risque et de l’aventure qui a toujours (depuis le Dharma en fait) caractérisé la démarche musicale du guitariste (et chef d’orchestre) Gérard Marais, jusqu’à l’aboutissement (provisoire) constitué par un fameux big band de guitares (incluant dans ses rangs les Claudes Barthélemy, Raymond Boni, Philippe Gumplowicz, Frédéric Silvestre et autres Philippe Deschepper), dont Sagittaire, publié en 1984 chez MFA, demeure la seule trace enregistrée. Infatigable explorateur, cette espèce de Livingstone de la six cordes acoustique ou électrifié n’en finit donc pas de multiplier les expériences depuis que Michel Portal (Splendid Yzlment) et Stu Martin (Sunrise) lui ont transmis le virus de l’investigation instrumentale qui l’a conduit à fréquenter des gens aussi dissemblables que Burton Greene, Joseph Dejean, Bernard Vitet, Colette Magny ou Mike Westbrook, et à entreprendre des projets pour le moins ambitieux, telle la composition de la musique de deux opéras jazz : La Baraque rouge et Mister Cendron. Devenu, en 1991, figure inaugurale d’un nouveau label, Hopi, avec un album (Est) qui à fait l’unanimité auprès de la critique, Gérard Marais poursuit désormais ses activités au sein de ce même label, via notamment Free Songs, gravé en compagnie de Renaud Garcias-Fons, contrebassiste de formation classique choisi par Claude Barthélemy en 1990 afin d’assurer une partie de la rythmique de l’Orchestre national de Jazz qu’il était en train de monter. Conséquence de cette collaboration entre deux musiciens qui se connaissent à la perfection (Garcia-Fons était également présent sur Est): un album intimiste et coloré, aux climats complémentaires et au parfum éminemment méditerrannéen (le bassiste uilise un instrument à cinq cordes) qui devraient combler tous les amateurs de guitare, pour peu que ceux-ci s’avouent un peu exigeant et surtout rétifs aux poncifs et aux clichés ».

Serge Loupien

Le Monde

2002 – Sélection disques Jazz – Le Monde
Natural Reserve

« Gérard Marais et Steve Swallow Comment situer la réserve, le retrait de Gérard Marais (compositeur important, guitariste) sans parler de sa présence. Constante et rappelée depuis trente ans. Tout le bruit qu’on en fait n’a finalement pas réussi à étouffer la musique : ici servie par Steve Swallow (un des bassistes essentiels à l’esprit et à la résistance de ces dernières décennies), donc servie par un interprète de haut vol qui a suivi attentivement le projet, relayé par un Jacques Mahieux au jeu si singulier (batterie), Natural Reserve donne toute la mesure d’un compositeur mystèrieux et évident. Au fond, la musique aurait pu prendre cette voie. On n’en serait pas là. Et c’est bien le moment de retourner aux guetteurs, à ceux qui, comme Gérard Marais, discrètement font signe, nous orientent, et qu’on ne veut pas voir. »

François Marmande

1998 – Zhivaro « A la vie à la hâte » (Festival Banlieus Bleus) – Le Monde / Zhivaro

« Depuis dix ans, Zhivaro se faufile dans les programmations. A chaque fois, ce collectif de six solistes-compositeurs se réinvente, attentif à ne pas se figer en un spectacle dont le scénario finirait par être écrit à l’avance. Vendredi 27 février, c’est au Forum culturel du Blanc-Mesnil que Zhivaro a montré sa grosse envie de musique. Et durant plus de trois heures, ce concert d’ouverture de Banlieues bleues a multiplié les surprises et les relances, belle introduction à un festival dont la programmation s’attache à faire oublier les sous-chapelles de la musique, et plus particulièrement du jazz. Zhivaro avait tout pour ne pas durer. Les musiciens qui le composent ont chacun leur propre formation : deux guitaristes, Claude Barthélémy et Gérard Marais ; deux contrebassistes, Didier Levallet et Henri Texier ; un clarinettiste-saxophoniste, Sylvain Kassap, et un batteur-chanteur, Jacques Mahieux. Partout en Europe, on les demande : ils vont et viennent. Avec ça, l’instrumentation de l’orchestre rend périlleuse la composition d’un répertoire sur la durée. Zhivaro n’est pas un groupe, plutôt un collectif, rassemblement irrégulier où, au gré des idées, chacun amène un projet, d’autres musiciens, des artistes d’autres disciplines.

La joie du dialogue

Seul point commun aux concerts Zhivaro : la préparation. Zhivaro amène déjà la musique, avant la scène, comme pour évoquer ce qui suivra. Dans différents coins du Forum culturel, on trouve un ou deux musiciens, des élèves du conservatoire du Blanc-Mesnil dirigés par le tromboniste Thierry Madiot, l’un des invités de Zhivaro. Ce genre de choses, on en a vu beaucoup. La question, pour les musiciens, n’est pas tellement de les réussir, mais plutôt de croire en leur existence. Zhivaro y croit. Comme à cette manière de jouer au milieu du public, dans des recoins de la salle de concert. Lors de cette soirée inaugurale, cela arrivera juste au bon moment. Des musiques, Zhivaro en a plein la tête, les doigts, le coeur. Le groupe fait sonner une sorte de fanfare dans la filiation des grands orchestres libertaires avec l’apport de Madiot, du tubiste Michel Massot, du trompettiste Mathieu Michel et du saxophoniste Evan Parker ; un trio de cordes acoustiques (Barthélémy, Marais, Texier) ; des solos : Madiot, et tout un appareillage de tuyaux et d’appeaux ; Jean-Pierre Drouet, lié « à corps et à cris » avec ses percussions ; Jacques Mahieux, qui fait chanter ses toms et ses cymbales ; Evan Parker, dont les interventions en souffle continu sont d’intenses et hallucinants moments de grâce. Il y a du free, du jazz West Coast, du blues, mais jamais vraiment dans le texte. A certaines voltiges et pétarades d’autres concerts, Zhivaro a préféré la présence du comédien Jacques Bonnaffé. Il est venu, avec deux acteurs aux gestes de danseurs, coiffé d’un melon, en veston noir ou drapé dans une robe rose de diva. Il lit des textes de Vialatte, désopilants, où il est question de pâte d’anchois, de zouave de l’Alma traversant l’oued, de l’Auvergne qui produit des ministres, des fromages et des volcans. Il chante, la voix cassée, des idioties des années 30. Il nous fait rire sans empiéter sur la musique, participant, à son rythme, à cette joie du dialogue, de la vérité musicale qui a été la marque de tous les airs de la soirée. ».

Sylvain Siclier

1995 – Gérard Marais et Max Roach à Sons d’Hiver – Le Monde / Double soirée au festival de « Jazz et Musiques actuelles » du Val-de-Marne
affiche festival banlieues bleues 1995 « Deux états du jazz contemporain en deux quartettes. En première partie, la formation du guitariste Gérard Marais qui compose de douces et parfois tristes mélodies. Dans son quartette, Vincent Courtois au violoncelle et François Corneloup au saxophone amènent leur enthousiasme et Youval Micenmacher toute sa science d’une percussion née dans la diversité de l’Orient. En deuxième partie, le maître des tambours, Max Roach, témoin en colère des douleurs du peuple afro-américain, l’une des consciences du jazz. Max Roach continue de réinventer son histoire et celle de la musique. Après des cordes, des chants, ou un ensemble de percussions, son intérêt se porte vers un quartette sans piano avec le saxophoniste Odeon Pope, le trompettiste Tyrone Brown ».

Sylvain Siclier

Jazz Magazine

2002 – Gérard Marais – Natural Reserve
« Réserve naturelle ou, plutôt, jardin secret, tant Gérard Marais cultive ici, à l’abri de toute tempête “marketing”, un univers aux mutiples couleurs et ramifications : cordes et bois mêlés, jazz “de chambre” (le trio Garcia-Fons-Krassik-Courtois enveloppe l’ensemble du répertoire d’un écrin “impressionniste”), mélodies indiennes (sous l’archet du viloloniste), évocation folk (My Taylor Is James)… Douze originaux “à tiroirs”, succession de séqences “atmosphériques”- planantes, incisives, claires ou ombragées – qui donnent le tournis sous les doigts véloces du guitariste : avec Steve Swallow (toujours plus guitariste dans l’âme!), il trouve un alter ego et compagnon de route idéal. Une bien belle rencontre placée, en toute simplicité, sous le signe du plaisir de jouer. »

Jérôme PLasseraud

2001 – La Belle Vie
« Je suis content que ce disque sorte enfin. Il est bien mastérisé. C’est plus qu’un témoignage d’une époque: un duo qui fonctionnait remarquablement. Il s’agit de guitare et rien d’autre. Ce sont deux musiciens importants pour moi. Le premier disque solo que j’ai écouté, c’était « L’oiseau, l’arbre, le béton » de Boni. J’avais quatorze ans. Ca m’avait terriblement plus. Je reste très reconnaissant envers ces générations de musiciens en France qui avant nous, ont rendu possible ce genre de démarche. Marais concilie la guitare jazz, dans tout ce qu’elle a de traditionnel, avec des envolées singulières. Dans cet enregistrement, son style opère une synthèse. C’est très fort. Quant à Boni, si j’avais été son aîné, je l’aurai engagé pour enregistrer un album de rhytm and blues Il est l’un des grands guitaristes rythmiques du monde… juste après Keith Richards, des Rollings Stones. ».

Claude Barthélemy

2001 Disque d’émoi – La Belle Vie
« Ici, aucun plan, aucune stratégie, ni préméditation. Seulement deux guitaristes qui se connaissent bien, pour s’être croisés à plusieurs reprises (« Concert au Totem » leur premier disque en duo date de 79), et qui choisirent en ce jour d’août d’enregistrer, au festival de Lauzerte, ce concert totalement improvisé. Sous l’oeil des spectateurs et du photographe Guy Le Querrec, Gérard Marais et Raymond Boni immortalisent ce qu’il y a lieu d’appeler une conversation, avec tout ce qu’elle implique de sous-entendus, évocations et facéties, réjouissances, imprévus. Sans ambages, mais avec une intuition partagée qui donne à ces quatre moments (La Belle Vie, Incandescences, le paradoxe de l’acrobate, le rêveur au fil d’or) une profondeur abyssale ou il fait bon se perdre. L’inspiration se propage aux gré des mélodies comme un feu ardent, sans que rien ne puisse arrêter sa course folle – Marais, esquissant à grands coups de médiator dans la matière (flamenco, jazz, blues) des formes reinhardtiennes que contourne, caresse et modèle Boni d’un geste franc et assuré. Soit autant d’instantanés pour un disque de bout en bout littéralement, poétique. »

Jérôme Plasseraud

1997 – Trio Gérard Marais, Barre Phillips, Pierre Favre – Sceaux, Les Gémeaux
« Ces trois-là se connaissent depuis longtemps. La preuve : ils étaient déjà en ensemble le 10 juillet 1971 au studio Davout. ILs avaient une bonne raison pour cela : Michel Portal enregistrait avec eux et quelques autres – Howard Johnson. Jouk Minor, Runo Erickson-, « Splendid Yzlment », disque qu’il faut bien qualifier d’historique. Ving-six ans plus tard, Marais, Phillips et Favre ont quelques cheveux blancs en plus (ou en moins), mais leur musique n’a que des saveurs supplémentaires, les plus riches, les plus subtiles, les plus raffinées qui soient. Qu’ils vous enchantent par tous les moyens sonores possibles la Lonely Woman ‘Ornette ou inventent purement et simplement leur univers partagé, chacun des paramètres dont la musique est faite – vélocité et dynamique, distorsion et pureté, swing et tension, fragilité et certitude…- est à la fois si maîtrisé et si risqué qu’on en reste comme suspendu, porté par une force supérieur. De fait, lorsque la musique s’étient définitivement après un rappel (pour une fois pas de circonstance, mais vraiment nécessaire pour reprendre pied sur terre), on reste abasourdi un instant avant de revenir au monde normal, où les sons ne sont que des yons, pas de la musique ».

Daniel Soutif

1996 – Duo Gérard Marais / Renaud Garcia-Fonts – Free Songs
« Pour qui se souvient des « doux duos » d’Haden (Charlie), ces chants libres, tête-à-tête sans autres entraves ou ecnsurés que celles des corps et âmes, semblent se développer avec une gourmandise, une passion, une violence vraie proches des dialogues-manifestes du contrebassistes de Shenandoah. De Sevilla en Bosnia et via Guernica, cordes et mains parcourent et commentent les cris de la planète, croisent l’errance, le mélodisme chaleureux d’un naguère compagnon d’Haden – Another Don (for Don Cherry)- Et n’en finissent pas de se tendre…Comme une façon de méditer l’urgence, le swing apparaissant à mi-chemin tel une panacée. Danses aux rythmes de conversation pour une musique du monde, parce que précisément libre de tout étiquetage.

Philippe Carles

Guitarist

1996 – Free Songs
« Le moins que l’on puisse dire c’est que le duo guitare-contrebasse n’est pas courant. Gérard Marais l’un des plus passionnants guitaristes européens du moment qui du solo au big band de guitares, a talonné le jazz de ces vingts dernières années, s’est lancé dans l’aventure en compagnie du jeune contrabassiste Renaud Garcia-Fons. Aucune partition sur le pupitre si ce n’est quelques mélodies glanées ça et là dans l’imaginaire de chacun : place à l’improvisation, au risque de l’éphémère, au jeu du duo. Les cordes s’entremêlent harmonieusement, dialoguent, se provoquent. De l’Irlande à l’Espagne en passant par les Etats-Unis et l’Europe de l’Est, tout un espace sonore se déploie, lyrique, riche de force et de nuances. Magie de l’improvisation, la connivence et la maîtrise instrumentale des deux comparses sont telles que l’on vient à se demander s’ils n’ont pas tout bonnement joué des compositions écrites noir sur blanc. Free Songs aura été l’occasion de découvrir Gérard Marais, guitariste acoustique inspiré, et Renaud Garcia-Fons, contrebassiste solide et inventif. Un duo rare. »

Franck Médioni

Télérama

2002 – Gérard Marais – Natural Reserve
« Gérard Marais : Narural Reserve. Une sorte d’antidote au disque ci-dessus. Non que celui-ci offre des charentaises. Mais la réserve naturelle du guitariste Gérard Marais, la complicité affectueuse de Steve Swallow, les cordes occasionnelles de Renaud Garcia-Fons, Vincent Courtois, Nicolas Krassik, et la batterie attentionnée de Jacques Mahieux offrent un voyage de plaisance, avec ce qu’il faut de surprises. »

Michel Contat

1991 – Katchinas
« Le guitariste Gérard Marais a su étonner les amateurs par sa lucidité. Sa démarche démontre, une intelligence musicale peu commune. Rigoureux sur le rythme et le phrasé, il a tenté, par de multiples moyens (aucun instrument n’a été affecté par les trouvailles électroniques que la guitare), d’effectuer des recherches sur la sonorité. Aussi bien sur le plan instrumental qu’orchestral. C’est ainsi que dans ce disque, qui ne ressemble à aucun autre, il a créé une formule orchestrale insolite : une trompette Jean-François Canape, un trombone Yves Robert, un tuba Michel Godard et une rythmique avec Henri Texier à la contrebasse et Jacques Mahieux à la batterie, Marais à la guitare assurant une liaison entre la section rythmique et les soufflants, liaison d’autant plus efficace qu’il est lui-même un mélodiste aussi subtil que personnel. Nous retrouvons cet univers que symbolise le titre d’un de ses thèmes, Cassavetes. En se plaçant sous le patronnage de ce cinéaste de la fragilité et de la fêlure, de la douleur pudique et de la souffrance discrète, Gérard Marais mêle à la gravité du ton l’absence d’exhibitionnisme. Il faut à l’auditeur du talent pour aimer Marais. Mais la beauté et à la mesure de l’effort exigé. »

Jean Wagner

Jazznotes

2001 – Duo Gérard Marais, Raymond Boni – La Belle Vie
« Nous voilà rajeunis avec ce disque de 20 ans où la passion s’exprime, enregistré par deux acrobates de la guitare, très complémentaires dans leurs joutes musicales: Gérard Marais, passé maître dans le mélange des genres et surtout plus moelleux, et Raymond Boni, plus aventurier. Il s’agit donc de bandes enregistrées lors de concerts d’août 81 à Lauzerte, 4 improvisations où certains thèmes resurgissent: « Nuages », « Je cherche Après Titine », plus des originaux de chacun. Un véritable saut à l’élastique où ces deux virevolteurs des sons font des prouesses. Ils étaient déjà en avance car cette musique n’a pas pris une ride. ».

1991 – Katchinas
« Le guitariste Gérard Marais a su étonner les amateurs par sa lucidité. Sa démarche démontre, une intelligence musicale peu commune. Rigoureux sur le rythme et le phrasé, il a tenté, par de multiples moyens (aucun instrument n’a été affecté par les trouvailles électroniques que la guitare), d’effectuer des recherches sur la sonorité. Aussi bien sur le plan instrumental qu’orchestral. C’est ainsi que dans ce disque, qui ne ressemble à aucun autre, il a créé une formule orchestrale insolite : une trompette Jean-François Canape, un trombone Yves Robert, un tuba Michel Godard et une rythmique avec Henri Texier à la contrebasse et Jacques Mahieux à la batterie, Marais à la guitare assurant une liaison entre la section rythmique et les soufflants, liaison d’autant plus efficace qu’il est lui-même un mélodiste aussi subtil que personnel. Nous retrouvons cet univers que symbolise le titre d’un de ses thèmes, Cassavetes. En se plaçant sous le patronnage de ce cinéaste de la fragilité et de la fêlure, de la douleur pudique et de la souffrance discrète, Gérard Marais mêle à la gravité du ton l’absence d’exhibitionnisme. Il faut à l’auditeur du talent pour aimer Marais. Mais la beauté et à la mesure de l’effort exigé. »

Jean Wagner

Guitares et Claviers

Gérard Marais Sextet – Sous le Vent
« Prélude mélancolique, développement cuivré et funky, mais légèrement distancié : tout est dit d’entrée, dès la première plage. Gérard Marais est décidément un guitariste très singulier, un profil idéal (mais atypique) de musicien qui poursuit sa chimère (une certaine idée de l’art, de la beauté) quand d’autres se perdent en séduction. Plus que séduit, on est touché par cette écriture pour les trois cuivres (tuba, trombone, trompette) qui viennent en renfort de Jacques Mahieux (le batteur) et Henri Texier (le contrebassiste). Et l’on cède aussi à l’expressivité des solistes (le guitariste, mais aussi ses partenaires). Qu’il s’agisse de ce sextette, révélé en 1990 par un cédé intitulé « Katchinas » ou du quartette « Opéra » (saxophone, violoncelle, percussions et guitare). Gérard Marais échappe toujours à la norme et c’est tant mieux. On ne s’étonnera donc pas de le retrouver, (avec notamment Claude Barthélémy et Philippe Deschepper, qui furent memebres naguère de son fameux « Big Band de Guitares ») parmi les solistes et compositeurs invités du projet d’ALain Blesing et de Pro Musica, qui rassemble quarante guitare (« But Alors You Are French! », Night & Day). »

Xavier Prévost